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Interview de Nicolas Lory

 

Callicore / Interview de Laurent Mercier et Xavier Semen

20.10.2008

 

 

 

Une interview qui présente Callicore de l'intérieur...

 

Nicolas : Quand Callicore a-t-il été créé ?

Laurent : En ce qui concerne la production de films d'animation, Callicore est né il y a deux ans, soit en 2006. C’est très récent.

Nicolas : Pourquoi ce nom Callicore ?

Laurent : Aucune idée, je ne savais pas quoi trouver comme nom, j'ai pris un livre d'animaux qui trainait et en le feuilletant, j'ai trouvé Callicore, que j'ai choisi. C'est une espèce de papillon exotique.

Nicolas : Il n'y avait donc pas de recherche symbolique derrière ?

Laurent: Aucune. Car si on fait une recherche symbolique, c'est un éphémère, qui ne vit qu'un jour. J'espère que cela ne va pas nous porter la poisse ! [rires]

Nicolas : D'un autre côté, un papillon c'est beau, gracieux, cela vole dans tous les sens, à son gré...

Laurent : On ne vole que dans un seul sens.

Nicolas : Et à propos de la tête de mort sur le logo ? Elle a été ajoutée plus tard durant la production de « Phantom Rider » ? Etait-ce par rapport au clip ? A une envie ?

Laurent : Cela a été rajouté comme ça. L'emblème de la tête de mort signifie pour moi l'insoumission. Pouvoir être libre, naviguer où l'on veut, quand on veut et avec qui on veut. On le résume à travers notre logo : on fait ce que l'on veut, comme on veut.

Nicolas : Quelles sont vos formations initiales avant d'arriver jusqu'ici ?

Laurent: J'ai fait l’Ecole des Beaux Arts de Paris. Ce qui m'a apporté beaucoup au point de vue culture et relations. J'ai longtemps hésité entre la musique et l'image, et comme j'étais un très mauvais musicien, c’était préférable que je fabrique des images. Quant à mon arrivée dans le monde de l'animation et de la 3D, cela s'est fait par le cheminement et les rencontres. La découverte des nouvelles technologies également. Au début, la 3D se résumait à de la programmation. Dès que les interfaces ont permis aux artistes de s'exprimer à travers trois dimensions, je m'y suis intéressé. Après avoir connu différentes expériences comme l'art contemporain, le monde des galeries, l'hypocrisie ambiante de tout ce monde là, j'ai eu envie d'assouvir mes désirs et mes fantasmes, et j'ai trouvé l'animation. Ce support me permet d'illustrer nos envies. Je dis bien « nos » car nous sommes une équipe. Nous sommes trois et, quelque part, je suis content car nous avons un « cerveau » pour trois. Nous sommes toujours d'accord sur les orientations artistiques, nous nous ne posons pas de questions. Comme je l'ai dit précédemment lors d’un autre entretien, tout notre travail est instinctif et nous avons la chance d'être en harmonie créative, ce qui nous évite de nous concerter.

Xavier : Moi, j'ai passé mon Bac S, puis ai fait une année de fac en Arts Plastiques. J'ai poursuivi mes études dans l'animation au Studio Mercier et je suis arrivé à Callicore. Ce qui me motive est l'envie de réaliser des films, de pouvoir toucher à plusieurs choses, à des aspects plus « immatériels » tout en endossant des responsabilités. Pouvoir découvrir aussi de nouvelles technologies, ainsi qu’explorer de nouvelles voies artistiques.

Nicolas : Venons au présent. A l'heure actuelle, combien de clips Callicore a-t-il produit ?

Laurent: Cette année, je pense que nous allons produire une dizaine d'animations vidéo, ce qui fera en tout environ 17 clips sur deux ans.

Nicolas : En moyenne, un clip se fait en combien de temps ?

Laurent : Cela dépend de ce que nous y mettons dedans. Cela peut être très rapide, comme prendre plus de temps. Tout dépend du scénario et des univers que nous allons créer.

Nicolas : La phase de pré-production, où vous réfléchissez au scénario justement à l'aide du cahier des charges, ainsi qu'aux recherches graphiques. Combien de temps cela prend-il ?

Laurent : Nous n'avons pas de cahier des charges. On ne nous impose rien du tout pour différentes raisons. On nous fait entièrement confiance. Je remercie les artistes avec lesquels nous avons travaillé. Cela va très vite : on écoute le morceau de musique, quand les premières idées sont les bonnes, on les « planche » rapidement. On fait quelques études graphiques puis on soumet le synopsis.

Nicolas : Et cela en combien de temps ? Quelques jours ?

Laurent : Cela peut durer trois heures. On utilise nos instincts un peu comme des animaux, c'est à dire que des idées surgissent de nulle part, on se les échange et on tombe d'accord ensemble. On les couche alors sur le papier et on envoie le tout.

Nicolas : Et les outils ? Restez-vous sur les mêmes logiciels ? Ou alors suivez-vous scrupuleusement les mises à jour ? Revenez-vous sur des versions antérieures ?

Laurent : On s'en fout !

Xavier : On prend ce qui est à notre disposition, les outils qui marchent.

Nicolas : Quelles sont vos inspirations artistiques ?

Laurent : Cela va dépendre de la musique que l’on va illustrer. On doit avant tout servir la musique dans le cadre d'un vidéo clip. On ne cherche pas à se mettre en avant, il n'est pas question d'ego à travers notre travail. Nous cherchons des idées et des images qui permettront de « porter », « d’aider » visuellement la musique. Nous choisissons généralement des musiques que nous aimons et notre but est de trouver l'univers qui correspond.

Xavier : L'inspiration vient d'un peu partout. Par exemple, il peut y avoir des choses dans un film qui nous a marqué. Cela peut arriver qu'on prenne à droite ou à gauche, et que cela nous aide à réfléchir.

Nicolas : Il n'y a pas d'exigence de la part des commanditaires ?

Laurent : Nous n'avons jamais eu de demandes précises. Bien sûr il y a eu des suggestions mais sur des éléments mineurs, comme par exemple, rajouter plus de cheveux à un personnage. Ou bien rajouter une boucle d'oreille sur John Lee Hooker Jr. Des petits détails en somme.

Xavier : La seule demande que nous avons eue a été sur Carbon Sillicon. Ils voulaient plus de plans sur le groupe. On a donc rajouté des scènes visant les musiciens, sans changer le synopsis. Au final cela a dynamisé encore plus le clip.

Laurent : Oui, mais cela nous a perturbé dans le planning. Nous avons pu quand même respecter la Dead line que nous nous étions fixé.

Nicolas : Les derniers clips sont en Cell shading (encre et peinture) noir et blanc. Pourquoi ce choix précis ?

Laurent : Aucune idée. L'instinct, on le fait au feeling. On se dit : « voilà un projet » et on planche dessus. La série des John Lee Hooker et Carbon Sillicon sont en à plat de couleur, qui donne une dimension 2D. C'est une phase que nous travaillons actuellement. Nous sommes plus sensibles à cette forme d'esthétique. Personnellement j'en ai un peu soupé de la 3D pure, avec cette quête de technologie qui cherche à se mettre en avant, plutôt que le projet en lui même. Nous ne sommes pas là pour faire des démos techniques, ni montrer qu'on maitrise parfaitement le dernier algorithme de rendu pour faire comme Pixar. Ce n'est pas notre discours. Nous ne faisons pas de clips pour faire de la pub. Nous le faisons car nous aimons cela.

Nicolas : D'un point de vue artistique, le noir et blanc donne une touche complètement différente de la couleur. La photographie en est un exemple.

Laurent : Pour John Lee Hooker, cela coulait de source. Un bluesman : c'était cohérent avec nos idées (écriture et modélisation). L'univers de John Lee aussi est sombre. Bien sûr, il y a également des échanges entre l'artiste et nous. John a tout de suite aimé les propositions graphiques, alors nous sommes allés tout droit.

Nicolas : Il n'y avait donc pas de choix technique derrière ?

Laurent : Non, la 2D ne solutionne pas tous les problèmes. C'est tout aussi difficile à traiter en termes d'éclairage. C'est un parti pris artistique, et non pas technologique qui aurait pu nous faciliter la vie.

Nicolas : Dans toute votre expérience des clips, quel est le côté que vous préférez ? La recherche graphique, la production ?

Laurent : Toutes les étapes me donnent du plaisir. Le départ est très excitant ! J'aime beaucoup démarrer un nouveau projet ou continuer une suite, créer un nouvel épisode. C'est comme un petit défi. Un peu comme on part en voyage, c'est le départ le plus excitant. Ce qui me plait particulièrement, c’est tout le processus de mise en place de la production, l'échange avec l'artiste. Le déclic et la rencontre sont le commencement. Est-ce que ce que l'on va créer ? Etre en adéquation avec la musique ? Cela va-t-il plaire ?

Xavier : Il en va de même pour moi. Ce que j'apprécie également est l'animation, construire le clip, définir et placer les scènes. Voir si cela s'emboite comme un puzzle. C'est aussi un plaisir de voir comment les choses se déroulent. Et voir le rendu final !

Laurent : C'est vrai ce que dit Xavier, c'est un plaisir énorme, voir le beat se coordonner avec l'animation ... Subitement le son et l'image font communion ! En revanche ce qui m'énerve est la partie « labo ». Nous ne nous occupons pas du transfert en PAD (prêt à diffuser), c'est pour cela que nous passons par un laboratoire. Hélas nous avons beaucoup de soucis techniques car nous tournons en HD (Haute définition), 24p (image par seconde). Cela nous permet d'avoir un master déclinable sous plusieurs normes de diffusion. Mais tous les labos ne fonctionnent pas de la même façon, ne comprennent pas toujours nos attentes. Certains ne sont spécialisés que pour les diffusions télé, alors que les chaines ne sont pas toutes sur la même norme. Il y a des chaines en 16/9ème mais pas en HD, d'autres si... et d'autres encore en analogique. Quelques labos refusent même l'image de synthèse. Il est donc difficile d'avancer vite dans cette « jungle ».

Nicolas : Revenons aux clips. C'est ludique, c'est rapide, c'est un divertissement. Mais cherchez-vous à viser un public précis ?

Laurent : Non, ce n’est pas ce que l’on recherche. Nous ne sommes pas dans une agence de pub qui cherche à conceptualiser pour cibler un groupe. Si la musique que nous écoutons a une tendance pathétique, nous l'illustrerons de manière pathétique. Si cela ne touche que trois personnes, nous seront tout de même heureux car notre animation sera appréciée. Nous faisons un travail « sur mesure », artisanal en somme. Après les accords, nous écoutons la musique, nous réfléchissons au type d’univers qui pourrait soutenir la chanson, et nous proposons cela au groupe.

Xavier : Cela nous est arrivé que, avant même la traduction des paroles, nous avions une idée pour faire le clip, et après la traduction faite, nous nous sommes rendu compte que cela collait parfaitement à l'univers que nous avions créé. Et cela, sans avoir saisi toutes les nuances dans les paroles. Uniquement porté par la musique, les instruments et le timbre de voix des chanteurs.

Nicolas : Autre question pour changer : des détracteurs prétendent que les derniers clips ont été copiés sur des choses déjà existantes comme « Renaissance » de Christian Volckman… ou encore « Crazy Frog » par rapport au personnage de Carbon Sillicon... Que leur répondez-vous ?

Laurent : Rien. Je ne suis pas sensible à cela. « Renaissance » est graphiquement génial, un travail de modélisation extraordinaire, une motion capture très bien gérée... C'est une prouesse technologique énorme. C'est français en plus, surtout quand on connait le parcours du combattant que constitue le labyrinthe pour monter un long métrage... Moi je tire mon chapeau à l'équipe de « Renaissance ». Cela nous a inspiré bien sûr, mais ce n’est pas eux qui ont inventé en premier le noir et blanc. Instinctivement je suis plus parti de « Félix le chat » que de « Renaissance ». Nous avons fait des clips en noir et blanc pour servir l'univers de John Lee Hooker Jr., mais nous n'avons pas « pompé » sur Volckman.
La finalité est que cela y ressemble car c'est également de la 3D. Nous le savons, nous ne sommes pas idiots. Mais nous ne nous sommes pas basés dessus.
Quant à Crazy Frog, c'est l'imaginaire des gens qui a joué. Certains disent que cela ressemble à une grenouille ou à un singe... Pour nous c'est une chose, on ne sait d'ailleurs pas trop ce que c'est.

Xavier : On a même fait un parallèle avec « Gorillaz ». L'ancien bassiste des Clash les a rejoints alors que cela n'a rien à voir avec l'univers.

Laurent : Qu'on parle de notre clip, en bien ou en mal, cela nous va. L'indifférence totale nous ennuierait. Or ce n'est pas le cas. Je suis peut être un peu maso, mais la critique signifie quelque part que l'on dérange.

Nicolas : Vous êtes les trois créateurs, mais Laurent et Xavier, vous travaillez en binôme pour l'aspect technique. Vous êtes donc complémentaire. Quelles sont vos attributions précisément ?

Laurent : On est plus que complémentaire ! On est en wifi ! J'ai une confiance absolue en Xavier et cela fait 7 ans que nous travaillons ensemble. Une osmose s'est créée. On s'auto critique quand il le faut. Xavier se charge surtout de l'animation et sait exactement ce que je désire en termes de mouvement, de plan... Je n'ai pas besoin d'expliquer les choses mille fois.

Xavier : Linda, qui ne travaille pas au cœur du clip, est aussi un atout car elle garde un point de vue extérieur très utile. Par exemple elle peut voir des défauts que nous n'avons pas observés car nous avons le nez collé à l'écran. Ou encore si quelque chose n'est pas cohérent avec l'ambiance, elle le remarquera tout de suite. En tant que directrice de production, elle est là pour nous rappeler à l'ordre si cela ne va pas.

Nicolas : Préférez-vous traiter un genre de musique particulier ou ce sont les seules lois du marché qui vous apportent des contrats ?

Laurent : Nous aimons ce que nous faisons. Peu importe la musique, d'où elle vient ou encore qui l'a faite. Nous ne sommes donc pas vraiment dans le marché, alors aucune loi ne nous fait fonctionner. Il n'y a pas de genre préféré. A partir du moment où cela nous plait, on fonce !

Nicolas : Et niveau business. Les contacts passent de plus en plus par internet, mais est-ce vous qui allez à la rencontre des artistes ou l'inverse ?

Laurent : Ça peut être les deux, mais majoritairement c'est nous qui allons les voir. On ne nous connaissait pas il y a encore quelques temps. Mais récemment, nous avons eu beaucoup de demandes. Ensuite, c'est l’artiste ou le manager qui entre en contact avec Linda.

Nicolas : Et après la phase de recherche et de production, comment cela se passe-t-il ?

Laurent : Dès qu'on a terminé la postproduction, on va en labo comme nous en avons déjà parlé pour obtenir une beta, un PAD. Nous nous chargeons de la promotion télé. Linda est chargée de la promotion en France et pour cela elle est en relation avec les chaines de télé.

Nicolas : Et la diffusion télé ? Vous avez des échos ?

Laurent : Tous nos clips ont été diffusés sur M6, MTV, MCM... On a produit des groupes qui n’étaient pas diffusables en télé par manque visuel. Bien entendu, en tant que producteur, les chaines nous envoient le nombre de passages sur l'antenne par la SPPF qui nous rétribue pour le droit de production. Nous avons des statistiques, des nombres de diffusion qui nous permettent de nous faire une idée.

Nicolas : Et les projets à venir ?

Laurent : Nous avons beaucoup de projets en cours. Nous avons une vision sur deux ans. 90% sera pour le clip d'animation pour la musique. Mais comme je l'ai dit, c'est ce qui nous plait. Nous travaillons aussi sur un package basé sur « Bluesman » de John Lee Hooker Jr, qui comporterait tous les clips, un best of de tous ses morceaux, une bande dessinée... L'idée est de faire un bel objet. Aujourd’hui la musique et l'image sont des produits de consommation « instantanée ». On ne les apprécie plus comme avant, il me semble. Et se passionner pour un groupe ou une musique ne peut passer que par un produit de qualité.

Xavier : Il y a aussi d'autres possibilités comme de diffuser du contenu par téléphone portable ou les PDA. Il y a encore bien d'autres horizons.

Nicolas : Nous allons commenter chaque clip. Commençons donc par « Phantom Rider » des Meteors.


Laurent : À l’origine, Phantom Rider est un brigand anglais qui vole aux riches pour donner aux pauvres. Dans la chanson, il est plutôt présenté comme quelqu'un revenant d'outre tombe. Nous n'avons pas cherché plus loin qu'un squelette pour le symboliser. Mais on n’a pas conceptualisé pour autant comme pour des films d'épouvante. Nous avions environ 3 minutes 30 pour convaincre, il fallait aller à l'essentiel ! Mine de rien c'est un exercice assez difficile ! Sur 1h30 ou 50 minutes, il est plus simple de raconter une histoire, de l'étaler…
Parti donc de ce squelette, tout a découlé. L'aspect sepia, les textures...
C'était amusant à faire car c'est complètement décalé, comparé à ce qui se fait actuellement.

Nicolas : Et Buzzcocks ? C'est un clip mentalement violent !

Laurent : Pendant 2 minutes 30, ou 45, nous avons exécuté une guenon sur une chaise électrique. On avait fait deux propositions : celle-ci et une plus soft, au cas où les buzzcocks voulaient un truc plus commercial. Pourtant à la fin, ils ont choisi la version « hard ». Pour articuler le tout, nous avons intercalé des images, comme des flashs, ou quelqu'un pointait son révolver face à la caméra. Cela d'ailleurs a été censuré. Nous avons donc fait une seconde version sans ce révolver. Apparemment ça choquait plus de voir un révolver que l'exécution de la geunon. C'est ainsi que deux versions circulent sur le net. Ça été une production sympa.

Nicolas : Mais pourquoi une guenon ?

Laurent : Quand j'allais aux Beaux Arts, en sortant du métro, je voyais toujours des affiches montrant des animaux mutilés à des fins expérimentales. Comme des singes au crâne décalotté. J’ai voulu rendre hommage à ces pauvres animaux morts dans de terribles souffrances « pour la science ». Les Buzzcocks ont finalement servi une cause animale, si c'est bien compris.

Nicolas : Les Washington Dead Cats. Tout en couleur et en Cell shading.

Laurent : C'est le seul groupe français que nous avons produit qui représente le psychobilly ici, mélange de punk et de rockabilly. C'est quelque chose d'historique en somme. Ils ont une passion pour leur mouvement musical. Ils aiment ce qu'ils jouent. Ils font de la musique pour la musique et non pas pour devenir des stars, contrairement à d'autres groupes actuellement qui se lancent pour se faire reconnaitre, qui se cherchent un look, achètent des vêtements avant même d'apprendre à jouer d'un instrument, et finissent pas tripoter une boîte à rythme. Les Washington Dead Cats ne sont pas comme ça et heureusement, car nous ne pourrions jamais travailler avec ce genre de personnes.
Nous nous sommes naturellement dirigé vers un coté « cartoon » avec une ambiance crépusculaire, sombre, avec des couleurs dominantes noir orange. Il n'y a pas de ville réelle qui ait servi à l'inspiration. Des gens pensent à Paris, d'autres à Berlin ou Bruxelles. Pour nous ce n'est qu'une ville.

Nicolas : Vient ensuite John Lee Hooker Jr.

Laurent : Il s'agit d'une série de quatre épisodes prévus. Il y en a un qui est sorti, le second est terminé mais pas encore diffusé, et les deux derniers sont en préparation.
Le noir et blanc en Cell shading est venu naturelement comme nous l'avons dit auparavant. Cela donne un aspect à plat sombre. Allié à l'aspect gargantuesque de la ville aux gratte-ciel, nous avons cherché à placer le personnage dans un monde terriblement lugubre et éprouvant. John a été à 100% sur toutes nos propositions. Il n'y a eu que de petits détails à régler comme la boucle d'oreille et quelques bagues. En revanche, il participera à l'écriture du quatrième épisode. Nous avons commencé à en discuter car il a des idées politiques qu'il souhaiterait faire passer. Il y a les élections américaines qui arrivent.

- Et enfin le dernier en date : Carbon Silicon.

Laurent : L'aspect dans ce clip est plutôt « blanc et noir ». Ce qui est différent de la série Hooker. Mais il y a trois couleurs : blanc, noir et rouge !
Nous avons cherché quelque chose qui sortait de l'ordinaire, et qui ne suivait pas les conventions que nous nous étions fixées sur Hooker comme un monde qui peut sembler réel, comme la ville américaine ou respecter les lois de la physique. Là nous avons cherché à soutenir la musique avec l'esprit plus cartoon, notamment avec ce personnage qui tente de passer sur l'autre planète pour assister de plus près au concert. Nous n'avons pas changé de technique de travail, si ce n'est qu'on a du avaler quelque chose ou fumer un truc de trop. On est passé du wifi à la connexion optique entre moi et Xavier, et on n’était pas habitué à cette vitesse. [Rires]
Pour redevenir sérieux, réfléchir c'est bien, mais pas trop longtemps ! Sinon on se perd en conjectures et cela ne donne rien de bon.

 
   
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